| L’histoire institutionnelle de développement en Afrique est un tissu de
malentendus idéologiques et épistémologiques entre divers acteurs sociaux mus
par des intérêts plus ou moins contraires.
Dans ce champ hétérogène, où s’affrontent des intérêts, des ressources et des
aptitudes inégales, le rôle du chercheur, plus précisément du socioanthropologue,
demeure encore ambiguë. Comment le socioanthropologue pourra t-il concilier
les intérêts matériels en présence ? Et de quelle autonomie dispose t-il vis-à -vis
des différents groupes d’acteurs sociaux ? Quelle est sa marge de manoeuvre par
rapport à la culture institutionnelle de développement ? Quelles en sont les
implications scientifiques et opérationnelles dans l’histoire de développement
en Afrique ?
Ce sont à ces différentes questions que tente de répondre le présent article Ã
partir d’une expérience de Projet d’Accompagnement Sociologique de la Lutte
Anti-tsé-tsé.
Il ressort de cette réflexion que les malentendus socio-anthropologues/
opérateurs de développement dans le cadre du projet de lutte anti-tsé-tsé
sont le fruit d’une reproduction des rapports historiques de domination
Nord/Sud, Europe/Afrique, Développés/Sous-développés.
De cette situation de fait, découle trois leçons : conceptuelle,
méthodologique et institutionnelle.
Pour rompre cette situation de subordination institutionnelle développeurs/
chercheurs et de dépendance extravertie de la recherche scientifique, les
chercheurs doivent forger des outils conceptuels et méthodologiques attentifs Ã
la fois aux normes de scientificité universelle et au contexte culturel africain. |