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| LETTRES ET SCIENCES HUMAINES [ L.S.H. ] |
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Nyansa-Pô |
| Auteurs de l'article |
| YORO Blé Marcel |
| Mots Clés |
| Avortement provoqué, Grossesse, Procréation, Stérilité,
Descendance. |
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Num ISSN : 1819-0642 [ Semestriel ] |
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Parution N° 1 du 19-12-2017 |
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Volume : 0 de l'année 2004 |
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Les perceptions de l’avortement provoque en milieu rural ivoirien : le cas des bété de Guibéroua pp. 76-87. |
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| Cette étude fait le constat de l’avortement provoqué comme phénomène
social en Afrique subsaharienne en général, et en Côte d’Ivoire en particulier, Ã
travers différentes études menées par plusieurs auteurs sur ce sujet.
Mais, très peu d’études établissent un lien entre l’avortement provoqué et
les perceptions de la grossesse et de la procréation. Il s’agit donc dans cet
article, de montrer ce lien dans le contexte socioculturel Bété. En d’autres
termes, il s’agit de répondre à la question suivante : en quoi les perceptions
Bété de la grossesse et de la procréation peuvent-elles permettre de comprendre
et expliquer l’avortement provoqué ?
L’étude révèle que l’avortement provoqué est un acte qui fait l’objet d’un
rejet systématique, et cela, compte tenu du rôle et du sens de la descendance
dans la société Bété. L’enfant est en effet perçu comme un don divin, d’où
l’importance de la grossesse et de la procréation. Avorter, c’est refuser ce don,
mais aussi tenter de compromettre sa descendance, ce qui équivaut à une
désobéissance à l’égard de Dieu et des ancêtres. Or ne pas avoir d’enfants
jusqu’à la mort équivaut chez les Bété à ne pas avoir vécu, car la descendance
perpétue la vie du mort. Ainsi, l’avortement provoqué n’est-il admis ou toléré
que dans des cas exceptionnels qui sont entre autres : une grossesse incestueuse ;
la volonté de ne pas disperser sa progéniture en prévision d’une séparation du
couple ; fille mineure ; éviter une infidélité avérée.
En dehors de ces raisons, les jeunes filles généralement célibataires
pratiquent l’avortement pour d’autres raisons : économique (manque d’argent
quand l’auteur n’est pas autonome vis-à -vis de ses parents) ; esthétique (ne
veut pas vieillir tôt) ; social (non reconnaissance de la grossesse par son auteur
ou une grossesse dite «ramassée» : dont la mère ignore l’auteur).Parmi les méthodes abortives évoquées, deux sont particulièrement
dangereuses : l’introduction d’une tige médicinale dans le vagin pour perforer
l’utérus, et le lavement à l’aide de tessons de bouteilles.
Face à la dangerosité de ces méthodes et bien d’autres évoquées dans cette
étude, celle-ci se termine par une interrogation : n’est-il pas utile de légaliser
l’avortement en Côte d’Ivoire ? |
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