| Dans la cosmogonie des sociétés africaines, certains sites tels les fleuves, les rivières, les montagnes, les rochers et des écosystèmes forestiers sont considérés comme des habitats ou des représentations des divinités qui permettent aux africains de communier avec les ancêtres et les génies protecteurs des communautés humaines. Ainsi, ils sont qualifiés de sites naturels sacrés. En outre, certaines espèces végétales ou animales sont souvent considérées comme des totems de certaines familles, certains clans, villages ou tribus. Pour ce qui est des espaces sacrés, ils sont de facto interdits aux personnes non initiées sous la base des préceptes culturels ancestraux qui constituent des interdits sociaux. L’Anthropologie dans son principe méthodologique fait du terrain son « laboratoire » où, l’observation participante en constitue un vecteur privilégié de recherche. Cependant, dans le contexte africain, la présence exigée de l’Anthropologue sur le terrain ne lui donne pas de facto le droit d’accès à tous les endroits, eu égard aux interdits sociaux qui sont des constructions sociales régissant les sociétés humaines. Dès lors, cette contribution vise à apprécier, ce que constituent les interdits sociaux dans la recherche de terrain. Dans une analyse essentiellement qualitative, ce travail permettra de comprendre que les interdits sociaux se présentent souvent comme des obstacles à la bonne marche de la planification des activités de la recherche. Toutefois, lesdits interdits constituent en réalité, des garants de la pérennité des us et coutumes en Afrique, de riches réservoirs de données anthropologiques. En somme, nous retiendrons de cette réflexion que les interdits sociaux constituent plus des atouts que des faiblesses pour la recherche anthropologique de terrain en contexte africain. |