| L’enseignement des oeuvres intégrales au sein du système scolaire gabonais occupe
une place de choix à l’ordre du secondaire. Le dispositif de cet enseignement prévoit la
lecture et l’apprentissage des oeuvres littéraires en classe de français; apprentissage
qui intègre une série d’activités dont la lecture personnelle de l’oeuvre par l’élève, lecture
sanctionnée par une évaluation sommative, autrement appelée « contrôle de lecture ».
Cette activité qui inaugure l’étude d’oeuvres intégrales en classe est une étape cruciale
dans le développement des expériences de lecture chez les jeunes lecteurs, d’où l’intérêt
d’examiner dans quelle mesure cette activité est porteuse de sens. En m’appuyant sur la
théorie de la réception, théorie se fondant sur la lecture personnelle de plaisir et la prise en compte de l’activité d’interprétation du sujet-lecteur, une analyse qualitative des épreuves de contrôle de lecture a été réalisée aux fins d’en évaluer l’impact didactique chez les apprenants. L’analyse montre, dans une large mesure, que l’activité de pré-lecture des oeuvres
proposée aux élèves favorise bien moins l’émergence d’hypothèses susceptibles d’outiller
les apprenants dans le processus intellectuel de construction de sens de leur lecture. Aussi,
fait-elle apparaître deux conceptions distinctes de l’enseignement-apprentissage des oeuvres
littéraires. Centrés, d’une part, sur une approche philologique, les textes littéraires sont vus, comme un lieu de développement du goût et du plaisir de lire et, d’autre part, comme une
aventure « artistique » et culturelle où l’élève est plutôt mis en situation réflexive. |