| Cet article montre à travers l’exemple des Aïzi, peuple Akan lagunaire de Côte d’Ivoire que
la condition d’homogénéité d’un groupe humain et notamment d’unité linguistique sous-tendant
son caractère ethnique est réductrice d’une réalité beaucoup plus complexe ! Concernant les
groupes ethniques actuels de la Côte d’Ivoire, il ne s’agit presque jamais de groupes monolithiques ayant quitté une zone d’origine pour s’installer en l’état dans une zone d’accueil ! Ainsi, au lieu de considérer les Aïzi comme ne formant pas une ethnie à cause de leur hétérogénéité ou au mieux comme formant une ethnie atypique, il faut plutôt se résoudre à admettre que les Aïzi sont un exemple révélateur voire une preuve tangible de la complexité inhérente à la formation d’une ethnie ; celle-ci est presque toujours une association de groupes d’origines diverses, en perpétuelle mutation, livrée aux aléas de l’histoire. La formation d’une ethnie est donc une chose toujours complexe qu’il faut observer non pas de façon synchronique, in situ, mais plutôt de façon diachronique car fatalement résultat de l’histoire. |